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UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
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UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
Bonjour,
J'ai souhaité partager cette lecture avec vous.
Cordialement.
Écrit par Michael-Anthony Galvez
27-04-2007
"La démonstration du respect de son patron ne passe pas par le vouvoiement et la soumission mais plutôt par l’implication au travail et le rendement."
Salwa Salek nous vient de la belle ville de Casablanca. Depuis plusieurs années elle vie au Québec et posséde la citoyenneté Canadienne. Résolument féministe, musulmane et impliquée dans la vie de la Belle Province, elle nous livre ici ses idées et commentaires sur le Québec d'aujourd'hui.
IQ: De votre pays d'origine, qu'est-ce qui vous a le plus manqué ?
À part les êtres chers que sont mes parents, ma sœur et mes amis d’enfance, je dirais le bruit des maisons et ruelles vivantes de Casablanca. Là-bas la notion de silence et de solitude n’existe pas. Dehors, les voitures Klaxonnent pour attirer l’attention, les marchands de légumes et autres chantent leurs slogans, les passants parlent fort et les terrasses des cafés accueillent les chômeurs à l’année longue. À l’intérieur, des maisons marocaines, le Brouhaha continue. La télé est souvent allumée, la visite débarque à n’importe quel moment de la journée, la maîtresse de maison se querelle le reste du temps tantôt avec la bonne tantôt avec la belle-mère. Les enfants et les hommes de retour à la maison sont le plus souvent choyés par ces femmes qui préparent des plats savoureux pour toute cette petite armée. On dîne pendant des heures, on discute et on échange sur nos journées respectives, on termine la soirée par une série télévisée ou encore un film piraté que l’on a acheté à Derb-Ghalef. Puis chacun se dirige vers son lit et là enfin on peut espérer dormir dans le silence, mais pas pour très longtemps car à l’aube l’appel à la prière de al fajr (l’aube) nous sortira, dépendamment des jours, plus ou moins violemment de notre sommeil.
IQ: S'il n'y avait qu'un point fort à retenir de la Province, lequel serait-il ?
Avant le débat sur les accommodements raisonnables et la montée de l’ADQ, j’aurais sans aucune hésitation répondue la tolérance et l’ouverture des québécois. Aujourd’hui, honnêtement, je suis tellement déçue de cette société que je ne vois plus de point fort à cette province. Maintenant l’un des points fort du Québec comme dans le reste du Canada d’ailleurs, réside dans la liberté d’entreprendre et la liberté de pensée.
IQ: S'il n'y avait qu'un défaut, lequel serait-il ?
À un moment ou tous les regards sont tournés vers les minorités visibles et la communauté musulmane dans le débat sur les accommodements raisonnables, je dirais que le principal défaut de la province du Québec est de ne pas avoir réussi, encore aujourd’hui, soit 40 ans après la révolution tranquille, à régler des débats de fond qui ressurgissent aujourd’hui sous les couleurs des accommodements. Je pense essentiellement à la question de l’identité québécoise et au projet de souveraineté du Québec. Selon moi c’est dans l’absence du règlement de cette question que réside le véritable boulet de cette province et non pas dans le débat « laïcité ou multiculturalisme » ? Les québécois et néo-québécois ont besoin de vivre dans une société qui sait concrètement ce qu’elle veut. Cette méconnaissance de soi, un soi qui est aujourd’hui pluriel et ne ressemble plus au Québec des années 70, combinée à un manque de leadership politique, a entraîné la montée à l’opposition du parti de l’extrême droite de Mario Dumont.
IQ:Vous avez étudié au Maroc avant de venir au Québec, qu'est ce que l'éducation étrangère vous a apporté ?
J’ai étudié au Maroc au sein des établissements de la mission culturelle française. Un système d’éducation très strict, élitiste, basé sur l’apprentissage de la langue française et des sciences sociales (histoire, géographie, économie, sociologie, philosophie) qui m’a permis de développer une certaine rigueur et surtout une capacité à construire un texte et à argumenter, tant à l’oral qu’à l’écrit. L’avantage d’avoir étudié dans un système français au Maroc m’a permis de profiter des compétences supérieures des marocains en terme de matières scientifiques notamment au niveau des mathématiques et de pouvoir être trilingue (Français-arabe-anglais).
IQ:Vous vivez aujourd'hui dans la province, comment décririez-vous le marché de l'emploi au Québec ? Les relations de travail ?
En ce qui concerne le marché de l’emploi au Québec, les chiffres démontrent que notre taux de chômage est supérieur à la moyenne Canadienne et se situe à 7.6%. De plus ce taux varie grandement en fonction de la formation académique ou du niveau d’étude complété. Ainsi si vous êtes sur le point de compléter vos études de Comptable Agrée, d’infirmière ou de statisticien vous serez probablement embauché avant la fin de vos études. Au Québec, vous serez très vite surpris de voir que moins l’on est diplômé, plus vite on trouve un travail. Étant moi-même en ce moment à la recherche d’un emploi, je me rends bien compte que les postes ouverts exigeant une formation universitaire sont moins nombreux que les postes exigeant simplement un DEC (Bac). Toutefois, d’ici 2010 la tendance s’inversera, le départ des premiers babyboomers à la retraite nécessitera l’embauche de personne ayant un certain savoir, les universitaires auront alors le vent dans les voiles.
Je vis au Québec depuis bientôt 8 ans. J’ai poursuivi l’ensemble de mes études universitaires à Montréal (Université de Montréal et HEC Montréal) et j’ai travaillé dans des secteurs d’activités différents (milieu universitaire, OSBL, milieu de l’Édition et les centres d’appels). Les relations de travail sont à l’image des relations sociales au Québec. C'est-à-dire très accessibles et très cordiales ; mais avant qu’il n’en découle une amitié, cela prend beaucoup de temps, ce qui parfois peut être déroutant pour des personnes d’origine franco-européenne qui interprètent cette proximité comme un signe d’amitié alors que ce n’est qu’un simple signe de savoir-vivre québécois.
Au niveau des relations hiérarchiques, elles sont très peu formalisées. La démonstration du respect de son patron ne passe pas par le vouvoiement et la soumission mais plutôt par l’implication au travail et le rendement. À ce niveau, je dirais que le Québec est très américanisé. Maintenant il est important de savoir qu’au niveau des comportements de harcèlement psychologique ou physique, le Québec s’est doté d’une loi avant-gardiste en la matière en 2005 qui protège grandement les travailleurs et qui a eu un impact sur les compagnies, lesquelles tendent aujourd’hui à adopter des politiques de Tolérance zéro à l’égard de ce type de comportement.
IQ: Que vous inspire cette phrase: nous voulons être des Québécois à part entière et non des Québécois entièrement à part ?
Exactement ce que je disais plus haut en réponse à votre question sur le principal défaut de la province.
D’une part au niveau de la nation québécoise, cela implique de régler le débat de la souveraineté une fois pour toute et ce en se posant les bonnes questions et en impliquant tous les membres de la société dans ce débat. Et si la nation choisit de renoncer à l’indépendance il faudra trouver des solutions alternatives pour s’affirmer au sein de la confédération canadienne et prôner notre droit à la différence qui fait que nous sommes des québécois à part entière.
D’autre part, au niveau des nouveaux québécois, cette phrase, rappelle l’importance pour nous que l’on nous considère comme des québécois à part entière et qu’on cesse de nous coller des étiquettes qui font en sorte que l’on se sente entièrement à part et qui renforcent la polarisation du clan « pure laine » versus celui des « néo-québecois ».
IQ: En tant que citoyenne vous avez voté aux dernières élections provinciales. Vous semblez cependant regretter la presence du parti de Mario Dumont, l'ADQ, à Québec. Pourtant vous soulignez, au sujet des accommodements raisonnables et de l'identité Québécoise, un certain manque de leadership et l'importance des règlements. Or ces deux thèmes étaient ceux de l'ADQ au sujet de l'immigration et de l'identité Québécoise. Pourriez-vous préciser votre sentiment sur le sujet ?
En effet, je pense que nous souffrons d’un manque de leadership sur la scène politique et ce à l’échelle mondiale. Il est rare aujourd’hui de voir des leaders charismatiques qui enflamment les foules. Et au Québec on n’échappe pas à cette tendance. De la même manière, on remarque un certain déplacement des gouvernements en Occident à Droite voir même parfois à l’extrême droite. Tandis que dans le sud, notamment en Amérique Latine, les gouvernements passent à Gauche voir même à l’extrême Gauche. Et face à cette radicalisation des pouvoirs en place, le Québec encore une fois n’a pas échappé à cette tendance. D’ou la montée en force de l’ADQ. Si les politiciens faisaient réellement de la politique au Québec, il aurait compris l’importance de définir l’identité québécoise, une identité qui aujourd’hui ne peut plus se définir uniquement par opposition au Canada anglais et doit à mon sens, tenir compte des nouvelles cultures en place.
Maintenant je n’ai pas parlé des règlements mais plutôt du fait qu’il fallait régler la question de la souveraineté du Québec une fois pour toute et décider ensemble si l’on veut se séparer ou demeurer canadien. Car la menace du divorce qui pèse sur notre province n’a pas seulement des conséquences économiques mais également des conséquences sociales et psychologiques.
De son côté, Monsieur Dumont a tenté durant les dernières élections de confronter les régions à la métropole de Montréal d’une part, et les « québécois pure laine » aux « immigrants » d’autre part et cet adéquiste a presque réussi son pari de diviser le peuple pour mieux régner. Et ce, au plus grand désespoir des amis du savoir et de la tolérance qui rêvent de vivre dans une province ou, les Québécois de tous les horizons, seraient réellement libres et égaux.
IQ: Vous parlez beaucoup de la vie au Maroc, mais peu ou pas de la communauté Marocaine au Québec.
Effectivement, et je pense que c’est très caractéristique des marocains. Dans le sens ou nous portons notre culture dans notre coeur et nous n’avons pas besoin de nous retrouver absolument entre nous pour nous sentir marocain. Donc la communauté en tant que telle je ne la côtoie pas. Je ne suis membre d’aucune association marocaine et ne participe à aucun regroupement. J’ai mon frère et mon cousin ici et puis deux autres amis marocains c’est un peu près tout. Mais cela ne m’empêche pas d’être une ambassadrice du Maroc à Montréal et il suffit de venir dîner à la maison pour s’en convaincre.
En ce qui concerne la communauté marocaine, elle est concentrée à Montréal et se divise essentiellement en deux groupes : les étudiants étrangers qui ont choisi de faire leur vie au Québec et les jeunes familles qui ont décidé un jour d’immigrer.
Le premier groupe mène une vie plutôt agréable tandis que le second se bat pour faire reconnaître ses diplômes étrangers et son expérience de travail et trouver un emploi à la hauteur de ses compétences. Il suffit de faire un tour dans le quartier Saint-Michel pour voir ses jeunes hommes dégustant le même café à longueur de journée, en attendant désespérément de décrocher un boulot. Le mythe du Canada tombe en morceaux à la rencontre de ces cafés. Mais je pense qu’il est important de le préciser.
IQ: En tant que femme et musulmane, comment avez-vous vécu votre immigration et votre intégration ? Aujourd'hui vous sentez-vous Québécoise à part entière, justement ?
Mon immigration et mon intégration à la société québécoise se sont fait en douceur et ont été des moments de joie. J’ai très bien vécu le passage de Casablanca à Montréal et je me suis sentie très vite canadienne. Dans le sens ou très vite je me suis sentie chez moi. Les valeurs de liberté, de justice sociale et d’égalité correspondaient parfaitement à mes valeurs musulmanes. Au Québec comme dans le reste du Canada, je vois une terre d’Islam sans musulmans et au Maroc je vois des musulmans mais pas d’Islam. Alors si encore aujourd’hui, malgré tous les débats en cours, être québécois signifie vivre au Québec, une province de liberté, d’égalité et de justice sociale alors oui, sans aucun doute je suis une québécoise à part entière !
J'ai souhaité partager cette lecture avec vous.
Cordialement.
Écrit par Michael-Anthony Galvez
27-04-2007
"La démonstration du respect de son patron ne passe pas par le vouvoiement et la soumission mais plutôt par l’implication au travail et le rendement."
Salwa Salek nous vient de la belle ville de Casablanca. Depuis plusieurs années elle vie au Québec et posséde la citoyenneté Canadienne. Résolument féministe, musulmane et impliquée dans la vie de la Belle Province, elle nous livre ici ses idées et commentaires sur le Québec d'aujourd'hui.
IQ: De votre pays d'origine, qu'est-ce qui vous a le plus manqué ?
À part les êtres chers que sont mes parents, ma sœur et mes amis d’enfance, je dirais le bruit des maisons et ruelles vivantes de Casablanca. Là-bas la notion de silence et de solitude n’existe pas. Dehors, les voitures Klaxonnent pour attirer l’attention, les marchands de légumes et autres chantent leurs slogans, les passants parlent fort et les terrasses des cafés accueillent les chômeurs à l’année longue. À l’intérieur, des maisons marocaines, le Brouhaha continue. La télé est souvent allumée, la visite débarque à n’importe quel moment de la journée, la maîtresse de maison se querelle le reste du temps tantôt avec la bonne tantôt avec la belle-mère. Les enfants et les hommes de retour à la maison sont le plus souvent choyés par ces femmes qui préparent des plats savoureux pour toute cette petite armée. On dîne pendant des heures, on discute et on échange sur nos journées respectives, on termine la soirée par une série télévisée ou encore un film piraté que l’on a acheté à Derb-Ghalef. Puis chacun se dirige vers son lit et là enfin on peut espérer dormir dans le silence, mais pas pour très longtemps car à l’aube l’appel à la prière de al fajr (l’aube) nous sortira, dépendamment des jours, plus ou moins violemment de notre sommeil.
IQ: S'il n'y avait qu'un point fort à retenir de la Province, lequel serait-il ?
Avant le débat sur les accommodements raisonnables et la montée de l’ADQ, j’aurais sans aucune hésitation répondue la tolérance et l’ouverture des québécois. Aujourd’hui, honnêtement, je suis tellement déçue de cette société que je ne vois plus de point fort à cette province. Maintenant l’un des points fort du Québec comme dans le reste du Canada d’ailleurs, réside dans la liberté d’entreprendre et la liberté de pensée.
IQ: S'il n'y avait qu'un défaut, lequel serait-il ?
À un moment ou tous les regards sont tournés vers les minorités visibles et la communauté musulmane dans le débat sur les accommodements raisonnables, je dirais que le principal défaut de la province du Québec est de ne pas avoir réussi, encore aujourd’hui, soit 40 ans après la révolution tranquille, à régler des débats de fond qui ressurgissent aujourd’hui sous les couleurs des accommodements. Je pense essentiellement à la question de l’identité québécoise et au projet de souveraineté du Québec. Selon moi c’est dans l’absence du règlement de cette question que réside le véritable boulet de cette province et non pas dans le débat « laïcité ou multiculturalisme » ? Les québécois et néo-québécois ont besoin de vivre dans une société qui sait concrètement ce qu’elle veut. Cette méconnaissance de soi, un soi qui est aujourd’hui pluriel et ne ressemble plus au Québec des années 70, combinée à un manque de leadership politique, a entraîné la montée à l’opposition du parti de l’extrême droite de Mario Dumont.
IQ:Vous avez étudié au Maroc avant de venir au Québec, qu'est ce que l'éducation étrangère vous a apporté ?
J’ai étudié au Maroc au sein des établissements de la mission culturelle française. Un système d’éducation très strict, élitiste, basé sur l’apprentissage de la langue française et des sciences sociales (histoire, géographie, économie, sociologie, philosophie) qui m’a permis de développer une certaine rigueur et surtout une capacité à construire un texte et à argumenter, tant à l’oral qu’à l’écrit. L’avantage d’avoir étudié dans un système français au Maroc m’a permis de profiter des compétences supérieures des marocains en terme de matières scientifiques notamment au niveau des mathématiques et de pouvoir être trilingue (Français-arabe-anglais).
IQ:Vous vivez aujourd'hui dans la province, comment décririez-vous le marché de l'emploi au Québec ? Les relations de travail ?
En ce qui concerne le marché de l’emploi au Québec, les chiffres démontrent que notre taux de chômage est supérieur à la moyenne Canadienne et se situe à 7.6%. De plus ce taux varie grandement en fonction de la formation académique ou du niveau d’étude complété. Ainsi si vous êtes sur le point de compléter vos études de Comptable Agrée, d’infirmière ou de statisticien vous serez probablement embauché avant la fin de vos études. Au Québec, vous serez très vite surpris de voir que moins l’on est diplômé, plus vite on trouve un travail. Étant moi-même en ce moment à la recherche d’un emploi, je me rends bien compte que les postes ouverts exigeant une formation universitaire sont moins nombreux que les postes exigeant simplement un DEC (Bac). Toutefois, d’ici 2010 la tendance s’inversera, le départ des premiers babyboomers à la retraite nécessitera l’embauche de personne ayant un certain savoir, les universitaires auront alors le vent dans les voiles.
Je vis au Québec depuis bientôt 8 ans. J’ai poursuivi l’ensemble de mes études universitaires à Montréal (Université de Montréal et HEC Montréal) et j’ai travaillé dans des secteurs d’activités différents (milieu universitaire, OSBL, milieu de l’Édition et les centres d’appels). Les relations de travail sont à l’image des relations sociales au Québec. C'est-à-dire très accessibles et très cordiales ; mais avant qu’il n’en découle une amitié, cela prend beaucoup de temps, ce qui parfois peut être déroutant pour des personnes d’origine franco-européenne qui interprètent cette proximité comme un signe d’amitié alors que ce n’est qu’un simple signe de savoir-vivre québécois.
Au niveau des relations hiérarchiques, elles sont très peu formalisées. La démonstration du respect de son patron ne passe pas par le vouvoiement et la soumission mais plutôt par l’implication au travail et le rendement. À ce niveau, je dirais que le Québec est très américanisé. Maintenant il est important de savoir qu’au niveau des comportements de harcèlement psychologique ou physique, le Québec s’est doté d’une loi avant-gardiste en la matière en 2005 qui protège grandement les travailleurs et qui a eu un impact sur les compagnies, lesquelles tendent aujourd’hui à adopter des politiques de Tolérance zéro à l’égard de ce type de comportement.
IQ: Que vous inspire cette phrase: nous voulons être des Québécois à part entière et non des Québécois entièrement à part ?
Exactement ce que je disais plus haut en réponse à votre question sur le principal défaut de la province.
D’une part au niveau de la nation québécoise, cela implique de régler le débat de la souveraineté une fois pour toute et ce en se posant les bonnes questions et en impliquant tous les membres de la société dans ce débat. Et si la nation choisit de renoncer à l’indépendance il faudra trouver des solutions alternatives pour s’affirmer au sein de la confédération canadienne et prôner notre droit à la différence qui fait que nous sommes des québécois à part entière.
D’autre part, au niveau des nouveaux québécois, cette phrase, rappelle l’importance pour nous que l’on nous considère comme des québécois à part entière et qu’on cesse de nous coller des étiquettes qui font en sorte que l’on se sente entièrement à part et qui renforcent la polarisation du clan « pure laine » versus celui des « néo-québecois ».
IQ: En tant que citoyenne vous avez voté aux dernières élections provinciales. Vous semblez cependant regretter la presence du parti de Mario Dumont, l'ADQ, à Québec. Pourtant vous soulignez, au sujet des accommodements raisonnables et de l'identité Québécoise, un certain manque de leadership et l'importance des règlements. Or ces deux thèmes étaient ceux de l'ADQ au sujet de l'immigration et de l'identité Québécoise. Pourriez-vous préciser votre sentiment sur le sujet ?
En effet, je pense que nous souffrons d’un manque de leadership sur la scène politique et ce à l’échelle mondiale. Il est rare aujourd’hui de voir des leaders charismatiques qui enflamment les foules. Et au Québec on n’échappe pas à cette tendance. De la même manière, on remarque un certain déplacement des gouvernements en Occident à Droite voir même parfois à l’extrême droite. Tandis que dans le sud, notamment en Amérique Latine, les gouvernements passent à Gauche voir même à l’extrême Gauche. Et face à cette radicalisation des pouvoirs en place, le Québec encore une fois n’a pas échappé à cette tendance. D’ou la montée en force de l’ADQ. Si les politiciens faisaient réellement de la politique au Québec, il aurait compris l’importance de définir l’identité québécoise, une identité qui aujourd’hui ne peut plus se définir uniquement par opposition au Canada anglais et doit à mon sens, tenir compte des nouvelles cultures en place.
Maintenant je n’ai pas parlé des règlements mais plutôt du fait qu’il fallait régler la question de la souveraineté du Québec une fois pour toute et décider ensemble si l’on veut se séparer ou demeurer canadien. Car la menace du divorce qui pèse sur notre province n’a pas seulement des conséquences économiques mais également des conséquences sociales et psychologiques.
De son côté, Monsieur Dumont a tenté durant les dernières élections de confronter les régions à la métropole de Montréal d’une part, et les « québécois pure laine » aux « immigrants » d’autre part et cet adéquiste a presque réussi son pari de diviser le peuple pour mieux régner. Et ce, au plus grand désespoir des amis du savoir et de la tolérance qui rêvent de vivre dans une province ou, les Québécois de tous les horizons, seraient réellement libres et égaux.
IQ: Vous parlez beaucoup de la vie au Maroc, mais peu ou pas de la communauté Marocaine au Québec.
Effectivement, et je pense que c’est très caractéristique des marocains. Dans le sens ou nous portons notre culture dans notre coeur et nous n’avons pas besoin de nous retrouver absolument entre nous pour nous sentir marocain. Donc la communauté en tant que telle je ne la côtoie pas. Je ne suis membre d’aucune association marocaine et ne participe à aucun regroupement. J’ai mon frère et mon cousin ici et puis deux autres amis marocains c’est un peu près tout. Mais cela ne m’empêche pas d’être une ambassadrice du Maroc à Montréal et il suffit de venir dîner à la maison pour s’en convaincre.
En ce qui concerne la communauté marocaine, elle est concentrée à Montréal et se divise essentiellement en deux groupes : les étudiants étrangers qui ont choisi de faire leur vie au Québec et les jeunes familles qui ont décidé un jour d’immigrer.
Le premier groupe mène une vie plutôt agréable tandis que le second se bat pour faire reconnaître ses diplômes étrangers et son expérience de travail et trouver un emploi à la hauteur de ses compétences. Il suffit de faire un tour dans le quartier Saint-Michel pour voir ses jeunes hommes dégustant le même café à longueur de journée, en attendant désespérément de décrocher un boulot. Le mythe du Canada tombe en morceaux à la rencontre de ces cafés. Mais je pense qu’il est important de le préciser.
IQ: En tant que femme et musulmane, comment avez-vous vécu votre immigration et votre intégration ? Aujourd'hui vous sentez-vous Québécoise à part entière, justement ?
Mon immigration et mon intégration à la société québécoise se sont fait en douceur et ont été des moments de joie. J’ai très bien vécu le passage de Casablanca à Montréal et je me suis sentie très vite canadienne. Dans le sens ou très vite je me suis sentie chez moi. Les valeurs de liberté, de justice sociale et d’égalité correspondaient parfaitement à mes valeurs musulmanes. Au Québec comme dans le reste du Canada, je vois une terre d’Islam sans musulmans et au Maroc je vois des musulmans mais pas d’Islam. Alors si encore aujourd’hui, malgré tous les débats en cours, être québécois signifie vivre au Québec, une province de liberté, d’égalité et de justice sociale alors oui, sans aucun doute je suis une québécoise à part entière !
bijou-
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leprince-
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Re: UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
À part les êtres chers que sont mes parents, ma sœur et mes amis d’enfance, je dirais le bruit des maisons et ruelles vivantes de Casablanca. Là-bas la notion de silence et de solitude n’existe pas. Dehors, les voitures Klaxonnent pour attirer l’attention, les marchands de légumes et autres chantent leurs slogans, les passants parlent fort et les terrasses des cafés accueillent les chômeurs à l’année longue. À l’intérieur, des maisons marocaines, le Brouhaha continue. La télé est souvent allumée, la visite débarque à n’importe quel moment de la journée, la maîtresse de maison se querelle le reste du temps tantôt avec la bonne tantôt avec la belle-mère. Les enfants et les hommes de retour à la maison sont le plus souvent choyés par ces femmes qui préparent des plats savoureux pour toute cette petite armée. On dîne pendant des heures, on discute et on échange sur nos journées respectives, on termine la soirée par une série télévisée ou encore un film piraté que l’on a acheté à Derb-Ghalef. Puis chacun se dirige vers son lit et là enfin on peut espérer dormir dans le silence, mais pas pour très longtemps car à l’aube l’appel à la prière de al fajr (l’aube) nous sortira, dépendamment des jours, plus ou moins violemment de notre sommeil.
Merci bijou d’avoir partagé avec nous cet article.
Je crois que sa description de la vie au Maroc concerne surtout la vie dans les quartiers très populaires, car il y a plusieurs quartiers où on ne trouve pas les marchants de légumes et autres entrain de crier et de moins en moins de familles qui vivent avec les belles parents.
Aussi Mon sommeil n’a jamais été interrompu violemment par l’appel à la prière d’al fajr, je crois même que malheureusement dans plusieurs quartiers on a du mal à l’entendre.
Sur les autres points, je trouve ses réponses très constructives.

atlas_lion-
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Re: UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
Salam ,
Merci Bijou,
Un temoignage raisonnable .
Amicalement .
Melkam .
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Melkam .
melkam- Conseiller

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popovich-
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marequin-
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Re: UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
salamo alikom
tres bon recit
sauf que lappel de laube ne doit pas nous deranger l'amour de notre bieu Allah merite bcccccccccccc de sacrifice pour en benificier
tres bon recit
sauf que lappel de laube ne doit pas nous deranger l'amour de notre bieu Allah merite bcccccccccccc de sacrifice pour en benificier

zaki-
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donworry-
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UNE MAROCAINE QUEBECOISE - TEMOIGNAGE APRES 8 ANS AU QUEBEC
pour le témoingnage soeur.
emy-
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